Traitement
de l'humidité

Une tache sur un mur, ça ne dit pas d'où vient l'eau. Et tant qu'on ne sait pas d'où elle vient, tout traitement est un pari. Je viens voir, je cherche la cause, et je vous dis ce que j'ai trouvé — même quand la réponse n'est pas celle que j'aurais aimé vendre.

Le diagnostic avant le devis Déplacement et diagnostic gratuits Assurance décennale

Par quoi ça commence

Le diagnostic est gratuit Je me déplace, je regarde, je mesure, et je vous dis d'où vient l'eau — avant de parler de travaux. Si ce que je trouve ne relève pas de mon métier, je vous le dis aussi, et ça ne vous aura rien coûté. TVA à 10 % dans un logement achevé depuis plus de deux ans. Seul le devis établi après la visite engage. Ce qui fait le prix ensuite ↓

Ce que je fais

  • Le diagnostic sur place, avant tout devis
  • Décroûtage des enduits atteints
  • Injection de résine contre les remontées
  • Enduits d'assainissement et enduits à la chaux
  • Traitement des surfaces moisies
  • Finitions respirantes, jusqu'à la peinture

Ce que je ne fais pas : le cuvelage d'une cave, le drainage extérieur et le terrassement, la pose de ventilation mécanique, et tout ce qui se répare sur une toiture ou une gouttière. Ce n'est pas mon métier, et je préfère vous le dire au téléphone plutôt qu'une fois le devis signé.

Ce que vous voyez

Vous n'êtes pas venu chercher un traitement. Vous êtes venu parce qu'il y a une tache.

Personne ne se réveille en voulant du traitement d'humidité. On veut que la tache parte, que l'odeur s'en aille, que le mur arrête de cloquer. C'est exactement ce qui rend ce domaine du bâtiment aussi propice aux mauvaises ventes : le client arrive avec un symptôme, pas avec une demande — donc il accepte la première explication qu'on lui donne.

Alors commençons par là. Voici ce que les gens me décrivent au téléphone. Cliquez sur le vôtre : je vous dis vers quelle piste il penche, et surtout avec quelle certitude. Certains signes sont très parlants ; d'autres ne disent presque rien, et il faut se méfier de quiconque prétend le contraire.

C'est le signe le plus parlant de tous. L'eau contenue dans le sol monte dans la maçonnerie comme le café monte dans un sucre, et elle s'arrête à la hauteur où l'évaporation compense enfin la montée. Cette hauteur est régulière, parce que la physique ne varie pas d'un mètre à l'autre.

Si la limite haute de la tache est nette et horizontale sur plusieurs mètres, l'eau vient du bas. Si elle monte et descend au hasard, c'est autre chose.

Piste : remontée capillaire · signe fort

La peinture ne cloque pas parce qu'elle a été mal appliquée. Elle cloque parce que quelque chose pousse derrière. Ce quelque chose, c'est de l'eau qui cherche à s'évaporer et qui trouve un film étanche sur son chemin.

Le fait que ça s'arrête à une hauteur donnée est l'information. Une peinture ne décide pas toute seule de ne cloquer qu'à 60 cm du sol.

Piste : remontée capillaire · signe fort

C'est du salpêtre — plus exactement une efflorescence, un dépôt de sels minéraux. Ces sels étaient déjà dans le mur ou dans le sol ; c'est l'eau qui les a transportés jusqu'à la surface, où elle s'est évaporée en les laissant sur place.

Attention à ce qu'il dit vraiment : il prouve qu'il y a eu de l'eau en mouvement dans le mur. Il ne dit pas d'où elle venait, ni si elle circule encore aujourd'hui. On peut trouver du salpêtre sur un mur devenu sec.

Piste : de l'eau dans le mur · ne dit pas laquelle

L'eau qui vient d'en haut ne suit aucune règle de hauteur : elle suit le chemin que la gravité lui donne. Elle peut entrer à trois mètres du point où vous voyez la tache, et ressortir là où le matériau est le plus poreux.

Le signe qui ne trompe pas, c'est la corrélation avec la météo. Notez les dates : si la tache s'étale dans les deux jours qui suivent une grosse pluie et sèche ensuite, vous savez déjà beaucoup.

Piste : infiltration · signe fort

Ces trois endroits ont un point commun : ce sont les plus froids de la pièce, et l'air y circule mal. L'air chaud d'un logement chauffé porte de la vapeur d'eau ; quand il touche une surface froide, il ne peut plus la garder et la dépose. C'est le même phénomène que la buée sur un verre sorti du frigo.

Un meuble collé contre un mur froid crée exactement cette situation, et vous ne voyez rien pendant deux ans.

Piste : condensation · signe fort

La vitre est la surface la plus froide du logement : c'est donc le premier endroit où l'excès d'humidité se voit. Un peu de buée un matin d'hiver est normal. De la buée tous les matins, qui laisse des coulures et finit par noircir le joint, dit que l'air du logement porte plus d'eau qu'il ne peut en évacuer.

Cherchez d'abord ce qui produit cette eau — douches, cuisson, séchage du linge à l'intérieur — et ce qui devrait l'évacuer.

Piste : condensation · signe fort

Le bois est le meilleur hygromètre gratuit d'un logement : il gonfle quand il prend l'eau et ne revient jamais tout à fait à sa forme. Une plinthe qui décolle, un parquet qui tuile, une porte de placard qui frotte l'hiver et plus l'été.

Le long d'un seul mur désigne ce mur-là. Dans toute la pièce, cherchez plutôt du côté du sol ou de l'air ambiant.

Piste : eau par le bas · signe moyen

Vous avez peut-être coché deux cases dans deux colonnes différentes. C'est fréquent, et ce n'est pas une contradiction : les trois causes cohabitent très bien. Un mur qui prend l'eau par le bas refroidit, et un mur froid fabrique de la condensation. Traiter l'un sans voir l'autre, c'est régler la moitié du problème et repartir avec la facture entière.

Bas de mur atteint par l'humidité, éclairé par un projecteur posé au sol : la limite haute de la tache forme une ligne régulière sur toute la longueur
La limite haute court à la même hauteur d'un bout à l'autre du mur. C'est cette régularité qui signe une remontée — et c'est le projecteur posé au sol contre la plinthe, en lumière rasante, qui la fait apparaître.

Le périmètre, sans flou

Ce que je fais, et ce que je ne ferai pas

Je suis plâtrier-peintre. Mon métier, c'est le mur : le comprendre, le mettre à nu, le reprendre et le finir. Sur l'humidité, ça couvre une bonne partie du sujet — et pas tout. Voici les deux listes, écrites dans le même caractère, parce que la seconde vous est aussi utile que la première.

Ce que je fais

  • Le diagnosticJe viens, je regarde dehors avant de regarder dedans, je mesure, et je vous dis d'où vient l'eau. Gratuit, et sans obligation de suite.
  • Le décroûtageRetirer les enduits et les plâtres qui ne peuvent plus tenir, jusqu'à retrouver un support sain. C'est ingrat, c'est poussiéreux, et c'est ce qui décide de tout le reste.
  • L'injection de résineContre les remontées capillaires : perçage à intervalles réguliers en pied de mur, puis injection d'un produit hydrophobe qui diffuse dans la porosité et forme une coupure.
  • Les enduits d'assainissement et la chauxReprendre le mur avec un système qui laisse la vapeur sortir et retient les sels dans sa propre porosité, au lieu de les renvoyer sous la finition.
  • Le traitement des surfaces moisiesNettoyage, traitement en place, dépose de ce qui est perdu, et remise en état du support.
  • La finitionJusqu'à la peinture, avec des produits compatibles avec un mur qui doit respirer. Un seul interlocuteur du décroûtage à la dernière couche.

Ce que je ne fais pas

  • Le cuvelage d'une caveRendre étanche un local enterré soumis à une pression d'eau est un métier à part entière, avec ses propres garanties. Je n'y touche pas.
  • Le drainage et le terrassementTout ce qui se règle avec une pelle mécanique autour de la maison sort de mon champ. Je peux vous dire que le pied de mur travaille sous le niveau du terrain — je ne le creuserai pas.
  • La ventilation mécaniqueJe ne pose ni VMC ni extracteur. Je constate ce qui ne fonctionne plus et je l'écris noir sur blanc dans le compte rendu.
  • Ce qui se répare en toitureTuiles, solins, gouttières, descentes d'eau pluviale. Je monte constater d'où l'eau entre quand c'est accessible sans risque, et ça s'arrête là.
  • Repeindre par-dessusCe n'est pas une compétence qui me manque, c'est un travail que je refuse. Sur un mur dont la cause n'est pas réglée, c'est de l'argent jeté et je vous le dirai.
Bas de mur décroûté jusqu'au support, gravats au sol sur une bâche de protection
Le décroûtage : on enlève avant de recouvrir. La limite haute suit la zone atteinte, pas une cote décidée d'avance — et le sol est bâché parce que ce qui tombe là est chargé en sels.

C'est la situation la plus délicate, et autant la traiter franchement. Si le diagnostic conclut à une infiltration qui vient de la couverture, d'un solin ou d'une gouttière, je ne commence rien à l'intérieur. Reprendre un plafond taché pendant que l'eau continue de couler, c'est refaire deux fois le même travail — et le second sera à la charge de quelqu'un, ce qui finit toujours mal.

Ce que je vous laisse dans ce cas, c'est un constat précis : où l'eau entre, ce que j'ai observé, et ce qu'il faut couper avant de parler de finitions. Vous repartez avec une information utile plutôt qu'avec un devis. Et le jour où c'est coupé, j'interviens sur le support et sur la finition — et là, je m'engage sur ce que je livre. C'est la partie où je suis bon, et je préfère y arriver dans le bon ordre.

Puisque je la pratique, autant en dire les limites plutôt que de la vendre comme une solution universelle — c'est exactement ce qu'on lui fait dire de trop. Une injection de résine crée une coupure horizontale dans la maçonnerie : au-dessus de cette ligne, l'eau ne monte plus. C'est tout, et c'est déjà beaucoup quand le diagnostic est le bon.

En revanche, elle ne sèche pas le mur : l'eau déjà présente doit encore s'évaporer, et ça prend le temps que ça prend. Elle n'enlève pas les sels déjà accumulés, qui continueront de pomper l'air ambiant tant que le support n'a pas été repris. Et elle ne fait strictement rien contre une infiltration ou contre de la condensation — deux causes sur trois.

Voilà pourquoi je ne devise jamais une injection sans avoir cherché la cause d'abord. Une injection posée sur un problème de condensation, c'est une facture pour rien, et c'est malheureusement l'un des scénarios les plus courants du secteur.

Quant à la façon de la poser — à quelle hauteur percer, à quel espacement, comment faire pénétrer le produit — ça se décide devant le mur. Une pierre dense et une brique poreuse ne se traitent pas de la même manière, et l'ampleur des dégâts change la méthode. Je ne travaille pas avec une recette unique appliquée partout : c'est précisément ce qui distingue une injection qui tient d'une injection vendue au forfait.

Comment ça se passe

Le déroulé, du premier appel à la dernière couche

Neuf étapes, dans cet ordre, et jamais dans un autre. La plus importante est la neuvième en apparence — c'est en réalité la première : si le diagnostic est faux, tout le reste est propre et inutile.

  1. Le premier appel

    Décrivez-moi ce que vous voyez, pas ce que vous croyez avoir. À quelle hauteur, sur quel mur, depuis quand, et si ça bouge avec la pluie ou avec la saison. Si vous avez fait le test de l'aluminium, dites-le-moi : on gagne une étape entière.

  2. La visite, dehors d'abord

    Je commence par le tour de la maison, avant même d'entrer. Niveau du terrain contre le pied de mur, nature de l'enduit de façade, descentes d'eau pluviale et leur rejet, ce qui est stocké contre le mur. La cause est dehors bien plus souvent qu'on ne le croit.

  3. La visite, dedans ensuite

    Hauteur et régularité de la tache, son du mur à l'ongle, état des entrées d'air et des bouches d'extraction, points froids, et l'état des pièces voisines — y compris celles où vous ne voyez rien encore.

  4. Le compte rendu

    Ce que j'ai constaté, la cause que je retiens, et ce dont je ne suis pas certain le cas échéant. Vous repartez avec, que vous me confiiez les travaux ou non. C'est le document qui vous permet de comparer les devis suivants.

  5. Le devis

    Poste par poste, avec les produits nommés et les surfaces chiffrées. Si un doute subsiste sur l'ampleur du décroûtage, il est écrit comme tel plutôt que noyé dans un forfait.

  6. La protection et le décroûtage

    Sols et meubles bâchés, puis on ouvre. C'est l'étape la plus salissante et celle qui réserve les surprises : on découvre parfois que le support est plus atteint qu'il n'y paraissait. Je vous préviens avant de continuer, jamais après.

  7. Le traitement de la cause

    Quand elle relève de mon métier : injection en pied de mur contre les remontées, traitement des surfaces moisies. Quand elle n'en relève pas, on ne va pas plus loin tant qu'elle n'est pas coupée.

  8. La reprise du support

    Enduit d'assainissement ou enduit à la chaux selon le mur, en système complet. C'est ici que se joue la tenue à long terme, et c'est le poste sur lequel les devis se distinguent le plus.

  9. Le séchage, puis la finition

    L'étape que personne ne veut entendre. Un mur qui a pris l'eau pendant des années ne rend pas tout en quinze jours. Peindre trop tôt, c'est garantir que ça recloque — et cette fois ce sera de ma faute. Je finis quand le support est prêt, pas quand le planning le voudrait.

Pourquoi vous ne trouverez aucune durée sur cette page

C'est la question qu'on me pose en premier, souvent dès le téléphone : « ça prend combien de temps ? ». Et je n'y réponds pas avant d'être venu. Pas par mauvaise volonté — parce qu'une durée annoncée avant d'avoir vu le mur n'engage que celui qui y croit.

Sur ce métier, tout dépend de ce qu'on trouve en ouvrant. Un décroûtage peut faire dix centimètres de haut ou quatre-vingts. Un mur épais gorgé d'eau depuis vingt ans ne se comporte pas comme une cloison humide depuis deux hivers. Et le même mur, selon la saison, le chauffage et la ventilation de la pièce, met du simple au double à rendre son eau. Une durée n'est pas un chiffre de catalogue ici : c'est un jugement porté sur place.

Ce sur quoi je m'engage, en revanche : vous donner le délai après la visite, pas avant — et ne pas peindre tant que le support n'est pas prêt, même si ça décale la fin du chantier. C'est la seule promesse que je peux tenir sans savoir ce qu'il y a derrière votre enduit.

La vraie vie

Chez vous pendant les travaux, sans enjoliver

Un chantier d'humidité n'est pas un chantier de peinture. On ouvre le mur, on fait de la poussière, et il y a une période où la pièce n'est ni finie ni utilisable. Autant le savoir avant de signer plutôt que de le découvrir le premier matin.

C'est le vrai sujet, et il vient en premier. Retirer un enduit ancien produit une poussière fine qui se déplace bien au-delà de la pièce si on ne l'en empêche pas. Je bâche les sols et les ouvertures, je protège ou je sors ce qui peut l'être, et je referme la pièce.

Ce que je vous demande de votre côté : videz ce que vous pouvez, en particulier les textiles et l'électronique, et prévoyez que la pièce voisine prendra un peu de poussière malgré tout. Personne n'a jamais fait un décroûtage sans la moindre trace ailleurs, et je ne vous le promettrai pas.

Dans l'immense majorité des cas, oui — le chantier se limite à une pièce ou à un pan de mur, et le reste du logement continue de vivre. Ce qui change, c'est l'usage de la pièce concernée pendant la durée des travaux et du séchage.

Les deux situations où j'en parle franchement avant : quand c'est une chambre unique ou une salle d'eau unique, et quand il y a un nourrisson ou une personne fragile sur le plan respiratoire dans le logement. Dans ces cas-là on organise autrement, et ça se décide au devis, pas en cours de route.

Deux choses à anticiper. Ouvrir un mur atteint libère l'odeur qui était enfermée dedans : elle est plus forte pendant quelques jours, et c'est normal — c'est même plutôt bon signe, ça veut dire qu'on a atteint ce qu'il fallait retirer.

Et un enduit frais apporte lui-même beaucoup d'eau dans la pièce. Pendant cette période, aérez plus que d'habitude et évitez de faire sécher du linge à l'intérieur. C'est le moment où un logement mal ventilé montre exactement ce qu'il vaut.

C'est l'erreur la plus fréquente de l'après-chantier, et elle annule une partie du travail. Un mur repris a besoin de rendre son eau, et il la rend par sa surface. Recoller une armoire, un canapé ou une tête de lit contre ce mur revient à refermer la porte qu'on vient d'ouvrir.

Je vous dirai à quel moment vous pouvez remeubler, et je vous conseillerai de laisser un espace entre le meuble et le mur sur les parois froides — c'est gratuit, ça ne se voit pas, et ça évite de me rappeler dans trois hivers.

L'argent

Ce qui fait le prix — et pourquoi je n'affiche pas de tarif au mètre carré

Sur les autres pages de ce site, il y a un prix au m² écrit en gros en haut de page. Ici, non. Je préfère vous dire franchement pourquoi plutôt que de vous donner un chiffre que je ne pourrais pas tenir.

Un chantier d'humidité n'est pas un travail de surface. C'est un diagnostic, puis une reprise dont l'ampleur dépend de ce qu'on découvre en ouvrant le mur : un mètre carré peut demander un décroûtage de dix centimètres de haut ou de quatre-vingts, un enduit ordinaire ou un système complet d'assainissement. Afficher une fourchette me laisserait deux options, mauvaises toutes les deux — annoncer bas et me reprendre au devis, ou annoncer assez haut pour couvrir tous les cas, ce qui revient à vous faire payer mon incertitude d'avance. Ce que je peux vous donner, en revanche, c'est la liste exacte de ce qui fait bouger le chiffre : avec ça, vous saurez lire n'importe quel devis, y compris le mien.

01

La surface réellement atteinte

Pas la surface du mur : la hauteur sur laquelle il faut ouvrir, multipliée par la longueur concernée. C'est souvent bien moins que ce que le client imagine — et parfois bien plus.

02

La profondeur du décroûtage

Retirer une peinture cloquée n'a rien à voir avec retirer trois centimètres d'enduit ciment sur du moellon. C'est le poste le plus variable, et celui qui réserve les surprises.

03

La charge en sels

Elle décide du système de reprise : un enduit courant peut suffire sur un mur peu chargé, là où un mur saturé impose un système d'assainissement complet, plus épais et plus cher.

04

Le traitement de la cause

Une injection en pied de mur est un poste à part entière, avec son linéaire et son produit. Sur une condensation, ce poste n'existe pas du tout — le devis est d'une autre nature.

05

L'accès et la protection

Une pièce vide au rez-de-chaussée n'est pas un logement habité au premier étage avec un escalier étroit. Bâchage, sortie des gravats, remise en état : ça se chiffre, et ça devrait figurer.

06

La finition attendue

S'arrêter au support repris, ou aller jusqu'à une pièce entièrement refaite et repeinte. Deux chantiers différents, et il faut savoir lequel on compare.

Ce qui ne bouge pas, en revanche : le déplacement et le diagnostic sont gratuits, y compris si je conclus que ça ne relève pas de moi. Et la TVA est à 10 % dans un logement achevé depuis plus de deux ans. Seul le devis établi après la visite engage — un chiffre donné au téléphone sur ce sujet ne vaut rien, et je n'en donne pas.

Comparer, vraiment

Un devis moins cher, moins cher pourquoi ?

Vous allez recevoir plusieurs devis, et l'un sera plus bas que les autres. C'est normal, et ce n'est pas suspect en soi : un confrère peut être moins cher parce qu'il habite à trois kilomètres, parce qu'il a moins de charges, ou parce qu'il a la pièce disponible dans son planning. Ce que je vous propose ici, c'est de savoir lequel de ces cas vous avez en face de vous.

Sur l'humidité, il y a un écart particulier, qu'on ne retrouve sur aucun autre corps d'état. Le devis le moins cher est très souvent celui qui n'a pas cherché la cause. Non par malhonnêteté : parce que chercher la cause prend du temps, que ce temps n'est pas facturé, et qu'il aboutit parfois à dire qu'il n'y a pas de chantier. Un devis rédigé sans diagnostic est mécaniquement plus rapide à produire, plus simple à chiffrer, plus séduisant à lire — et c'est celui qui a le plus de chances de vous faire payer deux fois. Alors voici les sept lignes que je regarderais, à votre place, sur n'importe quel devis d'humidité, le mien compris.

  1. La cause est-elle nommée ?

    Pas « traitement de l'humidité », mais « remontée capillaire en pied de mur nord, sur 4,20 m ». Un devis qui ne nomme pas la cause n'a pas de diagnostic derrière lui. C'est la ligne la plus importante des sept.

  2. Le décroûtage est-il chiffré, et jusqu'où ?

    Une hauteur et un linéaire. S'il n'y a pas de ligne de dépose, c'est qu'on prévoit de recouvrir — et vous savez maintenant ce que ça donne.

  3. Le produit est-il nommé ?

    Marque et référence de l'enduit, pas « enduit spécial ». Puis demandez la fiche technique et cherchez-y la perméabilité à la vapeur et la mention d'un référentiel d'assainissement. Un fabricant sérieux les publie.

  4. Combien de couches, et quelle épaisseur ?

    Les systèmes d'assainissement fonctionnent par leur volume de porosité : appliqués trop minces, ils ne tiennent pas leur rôle. Une épaisseur écrite est un engagement, « selon support » n'en est pas un.

  5. Y a-t-il un délai avant finition ?

    Un devis qui enchaîne décroûtage, enduit et peinture sans jamais mentionner de séchage vous vend une intervention rapide et un retour de problème. Ce délai est le meilleur indicateur du sérieux du devis.

  6. Qu'est-ce qui est explicitement exclu ?

    Un devis honnête dit ce qu'il ne couvre pas : la ventilation, la couverture, les abords. Une absence totale d'exclusions n'est pas une bonne nouvelle — ça veut dire que la discussion aura lieu plus tard.

  7. Que se passe-t-il si on découvre pire ?

    On ouvre un mur, on trouve parfois autre chose. La question à poser avant de signer : est-ce que je suis prévenu et redevisé, ou est-ce que ça se règle en fin de chantier ? Les deux réponses sont acceptables. L'absence de réponse, non.

Les trois écarts qui expliquent presque tout

Écart 01

Le diagnostic non fait

De loin le premier. Une visite sérieuse, le tour de la maison, les mesures, le compte rendu écrit : une demi-journée qui n'apparaît sur aucune ligne du devis. Elle se paie quand même — soit dans le prix, soit dans le résultat.

Écart 02

La dépose escamotée

Décroûter, évacuer les gravats, remettre en état : du travail pénible et peu valorisant, donc le premier poste qu'on rabote pour passer sous un concurrent. Le mur, lui, sait très bien ce qu'on ne lui a pas enlevé.

Écart 03

Le système remplacé par un produit

Un enduit d'assainissement complet coûte plusieurs fois le prix d'un enduit courant, à surface égale. Sur un devis, la différence tient dans un mot. Sur le mur, elle tient dans le nombre d'hivers.

Ce que j'accepte de réduire, ce que je refuse de sauter

Traiter une pièce d'abord et voir passer un hiver avant d'engager le reste : c'est souvent ce que je conseille, et ça n'a rien d'un demi-travail. L'humidité se juge sur une saison, pas sur une semaine — étaler est parfois la décision la plus intelligente, et la moins chère.

Ce que je refuse de sauter, c'est le diagnostic avant le traitement, et le temps de séchage du mur avant de le recouvrir. Un enduit passé sur un mur qui n'a pas fini de sécher emprisonne l'eau : la tache revient ailleurs, six mois plus tard, et on a payé deux fois. Un traitement posé sur une cause mal identifiée est cher à n'importe quel prix.

La limite : je ne recouvre pas un mur qui n'est pas sec, même pour finir plus vite. En revanche, ce que je peux vous offrir, c'est de savoir avant de payer : le diagnostic est gratuit, il est écrit, et il vous appartient. Si la cause relève d'un autre corps de métier, vous repartez avec un document utilisable, pas avec un devis.

Rien de tout ceci ne vise un confrère en particulier, et je ne vous dirai jamais qu'un devis moins cher que le mien est un mauvais devis. Je vous dis où regarder pour le savoir vous-même. Posez ces sept questions par écrit à chaque artisan que vous consultez, moi compris : c'est le seul moyen de comparer autre chose que des totaux. Et sur l'humidité, ce qui départage deux devis n'est presque jamais le prix du traitement — c'est de savoir si la cause a été identifiée avant d'être traitée. Un traitement posé sur un mauvais diagnostic est cher à n'importe quel prix.

Pièce de bâti ancien rénovée : mur en pierre apparente, poêle à bois et parquet en chêne

Là où on veut arriver

Un mur ancien qui vit, et qui sèche

Pierre laissée apparente là où elle peut respirer, matériaux perméables partout ailleurs, et une pièce qu'on chauffe sans y penser. Ce n'est pas un mur étanche : c'est un mur qui rend ce qu'il prend.

Matthieu, artisan plâtrier peintre BATIMM RENOV, sur un chantier
MatthieuArtisan plâtrier peintre · Saône-et-Loire, Jura & Ain
Qui vient chez vous

Une seule personne.
Matthieu.
Du diagnostic à la dernière couche.

C'est la même personne qui fait le tour de la maison, qui vous dit d'où vient l'eau, qui ouvre le mur, qui le reprend et qui le peint. Sur l'humidité, ce point compte plus qu'ailleurs : entre celui qui pose le diagnostic et celui qui exécute les travaux, il n'y a personne à qui faire porter un malentendu. Si je me trompe, c'est moi qui reviens.

Assurance décennaleAttestation fournie sur demande
15 ans d'expérienceRénovations résidentielles & pros
Sans sous-traitanceMatthieu seul sur chaque chantier
Avis Google 5★Note maximale — clients vérifiés
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Ce qu'en disent mes clients

Ces témoignages proviennent des avis Google BATIMM RENOV. Ils ne sont pas réécrits pour les besoins de cette page.

Nous avons confié à BATIMM RENOV l'isolation de deux chambres, ainsi que la création de faux plafonds avec spots intégrés et la rénovation complète des pièces. Monsieur Glod nous a très bien guidés dans le choix des solutions d'isolation les plus adaptées. Le chantier a été réalisé avec sérieux, propreté et dans les délais annoncés. Le résultat est impeccable. Nous recommandons vivement cet artisan !

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Frédéric Champliaud
Avis Google vérifié

Un artisan à l'écoute et qui s'adapte parfaitement aux contraintes du chantier. Je recommande fortement son écoute et ses conseils.

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Guillaume Dietrich
Avis Google vérifié

Très bon technicien, respecte les dates d'intervention, travail propre et soigné.

★★★★★
Jessica Broutin
Avis Google vérifié · Local Guide

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Décrivez ce que
vous observez

Pas besoin de savoir ce que c'est : c'est justement mon travail. Dites-moi ce que vous voyez, à quelle hauteur, sur quel mur, et depuis quand. Plus vous serez précis, plus la première visite sera utile.

Vous allez comparer plusieurs devis ? Lisez d'abord les sept lignes à vérifier →

La cause avant le devis — je cherche d'où vient l'eau, et je vous laisse le constat écrit même si vous ne me confiez pas les travaux.
Déplacement et diagnostic gratuits — y compris si je conclus que ça ne relève pas de mon métier.
Les produits nommés sur le devis — marque, référence et fiche technique. Vous pouvez comparer ligne à ligne.
Votre diagnostic, sans frais

Votre demande est envoyée. Je vous recontacte pour convenir de la visite.

Vous avez l'essentiel.
La suite, c'est pour comprendre.

Ce qui précède suffit à m'appeler en sachant à qui vous avez affaire. Ce qui suit est la partie technique : d'où vient l'eau, comment la reconnaître soi-même, et pourquoi certains traitements échouent. Ce n'est pas indispensable pour décider — c'est utile si vous voulez décider en connaissance de cause, ou vérifier ce qu'un autre devis vous raconte.

Le cœur du sujet

Trois eaux, trois chemins, trois traitements qui n'ont rien à voir

Il n'existe pas « de l'humidité ». Il existe de l'eau qui monte, de l'eau qui entre, et de l'eau qui se pose. Ce sont trois phénomènes physiques différents, et le traitement de l'un ne fait rien du tout contre les deux autres. C'est la raison pour laquelle tant de traitements coûteux échouent : pas parce qu'ils sont mal faits, mais parce qu'ils répondent à la mauvaise question.

Elle monte
la remontée capillaire

En bas des murs, en priorité ceux qui sont en contact avec la terre.
Hauteur
Régulière sur toute la longueur du mur. C'est le signe le plus sûr des trois.
Quand
Toute l'année, sans lien avec la pluie du jour. Plus visible l'hiver.
Ce que ça laisse
Du salpêtre, un enduit qui poudre sous l'ongle, la peinture qui cloque par le bas.
Au toucher
Le mur est froid et l'enduit s'effrite. Il ne sèche jamais complètement.

Elle entre
l'infiltration

Là où l'eau trouve un passage : plafond, haut de mur, pourtour de fenêtre, derrière une descente.
Hauteur
Aucune logique. La tache suit le chemin de l'eau, pas une règle physique.
Quand
Pendant et après la pluie, parfois avec un ou deux jours de retard.
Ce que ça laisse
Une auréole à bord marqué, plus foncée que le reste, qui s'étale puis pâlit.
Au toucher
Ça sèche entre deux épisodes. C'est ce qui la distingue d'une remontée.

Elle se pose
la condensation

Sur les surfaces froides et mal ventilées : angles, tour de fenêtre, derrière un meuble collé, plafond de salle d'eau.
Hauteur
Plutôt en haut qu'en bas, et dans les recoins où l'air ne passe pas.
Quand
L'hiver, chauffage allumé et logement fermé. Elle recule au printemps.
Ce que ça laisse
Du noir en petits points, de la buée persistante, une odeur qui revient.
Au toucher
La surface est humide, mais le mur derrière est sec. C'est toute la différence.

Coupe d'un mur montrant les trois origines de l'humidité Un mur en coupe : l'eau du sol monte dans la maçonnerie par capillarité, l'eau de pluie entre par le haut et suit le mur vers le bas, et la vapeur d'eau de la pièce se dépose sur la face intérieure froide. INTÉRIEUR EXTÉRIEUR Sol · nappe et eau de pluie infiltrée 1 Elle monte 2 Elle entre 3 Elle se pose
  • 1 · L'eau du sol monte dans la maçonnerie
  • 2 · L'eau de pluie entre par le haut et descend
  • 3 · La vapeur de la pièce se dépose sur la paroi froide

Faites glisser le schéma horizontalement pour le lire en entier.

Regardez bien le dessin

: les trois eaux finissent au même endroit, sur la face intérieure du mur, à quelques dizaines de centimètres les unes des autres. C'est pour ça qu'on ne peut pas trancher depuis une photo, et c'est pour ça que je me déplace avant d'écrire un devis. Une tache ne dit pas d'où vient l'eau. Elle dit seulement qu'elle est arrivée là.

Auréole d'infiltration au plafond, en haut avant reprise et en bas après remise en état
La contre-image de la précédente : ici, aucune ligne. L'auréole s'étale sans logique de hauteur, avec un bord plus marqué que son centre — la signature d'une eau qui vient d'en haut. En bas, le même plafond une fois la cause coupée et la surface reprise.

Le geste gratuit

Le test que vous pouvez faire ce soir, avec du papier d'aluminium

Il existe un moyen de séparer soi-même l'eau qui vient de l'air de l'eau qui vient du mur. Il coûte le prix d'une feuille d'aluminium de cuisine, il demande deux jours d'attente, et il ne me rapporte rien. C'est exactement pour ça que je vous le donne : si vous pouvez déjà écarter une des trois pistes avant que je passe, ni vous ni moi ne perdons de temps.

Le principe tient en une phrase. Une feuille d'aluminium est étanche à la vapeur d'eau : rien ne la traverse. Si vous la collez hermétiquement contre un mur, l'humidité ne peut plus que s'accumuler d'un côté ou de l'autre — et le côté où elle se dépose désigne d'où elle vient.

01

Choisir l'endroit

Le pire du mur, là où la tache est la plus marquée. Sur le mur nu, jamais derrière un meuble : il fausserait la circulation d'air.

02

Découper la feuille

Un carré de 20 à 30 cm de côté, dans du papier d'aluminium de cuisine ordinaire. Pas besoin d'épaisseur particulière.

03

Scotcher les quatre côtés

Hermétiquement, sur tout le pourtour, sans laisser d'ouverture. Du ruban de peintre : il tient et il n'arrache pas la peinture.

04

Attendre 24 à 48 h

Sans y toucher, en vivant normalement. Surtout, n'aérez pas plus que d'habitude : vous testez votre logement tel qu'il est.

05

Décoller un coin

Soulevez délicatement et regardez les deux faces avant de tout retirer. C'est la comparaison entre les deux qui donne la réponse.

Les trois réponses possibles

Buée sur la face visible

L'eau vient de l'air

Des gouttelettes du côté de la pièce, la face collée au mur sèche. La vapeur du logement s'est condensée sur l'aluminium, comme elle le fait sur vos vitres. C'est de la condensation, et le mur n'y est pour rien.

Buée sur la face collée

L'eau vient du mur

La face côté pièce est sèche, mais l'envers est mouillé, parfois avec un dépôt clair. L'eau était dans la maçonnerie et cherchait à s'évaporer. Remontée ou infiltration — le test ne tranche pas entre les deux.

Buée des deux côtés

Les deux à la fois

Le cas le plus fréquent dans le bâti ancien, et celui qui fait rater les diagnostics rapides. Un mur humide est un mur froid, et un mur froid fabrique de la condensation. Il y a deux problèmes, pas un.

Feuille d'aluminium soulevée par un coin : des gouttelettes sur la face côté pièce, et le mur taché derrière
La lecture, 48 h après. Ici les gouttelettes sont sur la face qui regardait la pièce — et le mur, derrière, porte sa propre tache. Les deux faces mouillées : les deux causes se cumulent, le cas le plus fréquent dans le bâti ancien.

Un artisan qui vous vend un test comme une certitude vous vend déjà quelque chose. Celui-ci a trois limites, elles sont réelles, et les connaître fait partie du test :

— Il ne dit ni la profondeur ni l'ancienneté. Un mur peut être trempé sur trente centimètres d'épaisseur ou seulement en surface : la feuille réagira pareil.
— Il ne distingue pas la remontée de l'infiltration. Il sépare l'air du mur, c'est tout. Pour trancher entre ces deux-là, il faut la hauteur, la régularité et la météo — les colonnes du tableau au-dessus.
— Sur un mur déjà couvert d'une peinture filmogène ou d'un revêtement plastifié, l'eau du mur est déjà bloquée derrière : la face collée peut rester sèche alors que le mur ne l'est pas.

Ce test n'est écrit dans aucune norme et je ne prétendrai pas le contraire. C'est un geste d'atelier, qui repose sur une propriété physique simple et vérifiable : l'aluminium ne laisse pas passer la vapeur d'eau. Il oriente, il ne conclut pas. Il vaut ce que vaut une bonne question posée au bon moment — et sur ce sujet, c'est déjà beaucoup.

Carré de papier d'aluminium scotché sur ses quatre côtés contre un mur, avec du ruban de peintre
Les étapes 02 et 03 en une image : un carré d'environ 25 cm, fermé au ruban de peintre sur ses quatre côtés. C'est l'étanchéité du pourtour qui fait la validité du test — un côté laissé ouvert et la mesure ne veut plus rien dire.

La troisième eau

La condensation ne monte pas du sol. Elle vient de vous.

C'est la cause que je rencontre le plus souvent, et de très loin celle qui est le plus souvent traitée comme si c'était une autre. Un foyer produit chaque jour plusieurs litres d'eau sous forme de vapeur — douches, cuisson, linge qui sèche, respiration. Tant que cette vapeur est évacuée, personne ne la remarque. Quand elle ne l'est pas, elle va se déposer sur le point le plus froid du logement.

Moisissures noires en plafond, dans l'angle d'une pièce
Le noir apparaît d'abord dans les angles et le long des jonctions mur-plafond : ce sont les surfaces les plus froides et les moins ventilées de la pièce.

Ce point froid, c'est un angle de mur — parce qu'un angle perd la chaleur dans deux directions à la fois. C'est le pourtour d'une fenêtre, c'est un linteau de béton, c'est le mur derrière l'armoire qu'on ne décolle jamais. La physique en jeu, c'est le point de rosée : la température à laquelle l'air ne peut plus garder la vapeur qu'il transporte et la relâche sous forme liquide.

Je ne le redéveloppe pas ici parce qu'il est déjà expliqué en détail ailleurs sur le site, du côté du mur et de l'isolant : vapeur d'eau, point de rosée et paroi froide, sur la page isolation. C'est le même phénomène, vu depuis l'autre métier.

Le chiffre à connaître, et l'outil à quinze euros

Posez un hygromètre dans la pièce concernée et relevez le taux matin et soir pendant une semaine. Ces quatorze relevés valent plus que tout ce que je pourrais deviner en une heure de visite.

Hygromètre d'ambiance posé sur une table, affichant 78 % d'humidité relative à 20,2 °C
78 % à 20 °C : bien au-dessus de la plage saine. Un appareil à quinze euros, quatorze relevés sur une semaine, et vous en savez plus sur votre logement que ce que je pourrais deviner en une heure de visite.
  • 20 %
  • 40 %
  • 60 %
  • 80 %
En dessous de 40 %L'air est sec. Ce n'est pas votre problème : le bois travaille et les gorges piquent, mais aucun mur ne moisit.
Entre 40 et 60 %La plage recommandée par l'ADEME comme par l'ANSES, dans une pièce chauffée entre 18 et 22 °C. Si vous y êtes en permanence et que le mur est quand même atteint, l'eau ne vient pas de l'air.
Au-dessus de 60 %La zone où acariens et moisissures se développent activement. Si votre relevé y reste jour et nuit, il y a un problème de production d'humidité ou d'évacuation — avant même de parler du mur.

Un logement français est censé pouvoir être aéré en permanence. Ce n'est pas une recommandation de confort, c'est une règle écrite. L'arrêté du 24 mars 1982 relatif à l'aération des logements pose le principe dès son article 1er :

« L'aération des logements doit pouvoir être générale et permanente au moins pendant la période où la température extérieure oblige à maintenir les fenêtres fermées. »

Arrêté du 24 mars 1982, article 1er — relatif à l'aération des logements

Le même texte décrit le circuit attendu : l'air entre par les pièces principales — séjour, chambres — et sort par la cuisine, la salle de bains et les WC, en circulant librement des unes vers les autres. Prenez cinq minutes et vérifiez ces trois points chez vous.

01

Les entrées d'air

Au-dessus des fenêtres de séjour et de chambre. Présentes ? Non bouchées par un chiffon, du carton ou du silicone ?

02

Les bouches d'extraction

Cuisine et salle de bains. Encore raccordées, et pas encrassées au point qu'une feuille de papier n'y tienne plus ?

03

Le passage sous les portes

Un détalonnage supprimé par une moquette épaisse ou un joint de bas de porte coupe tout le circuit d'un coup.

Il m'arrive de trouver une bouche de VMC repeinte, une entrée d'air condamnée après un ravalement, ou un logement entier qui n'a plus aucun passage d'air parce qu'on a changé les fenêtres sans reprendre les entrées. Dans ces cas-là, le mur n'est pas le problème : il est l'endroit où le problème se voit.

Ce que je fais, et ce que je ne ferai pas

Ce que je fais

Les surfaces atteintes

Traitement des moisissures en place, dépose de ce qui ne peut plus tenir, reprise du support, finition qui laisse la paroi respirer. C'est mon métier et je le fais bien.

Ce que je ne fais pas

La ventilation mécanique

Ni VMC ni extracteur : ce n'est pas mon métier et je ne vais pas l'apprendre sur votre chantier. Je constate et je note sur le compte rendu quelle bouche n'aspire plus, quelle entrée d'air a été condamnée, quelle porte ne laisse plus passer l'air.

Et je vous dirai aussi la vérité désagréable : tant que l'air ne circule pas, refaire les surfaces ne sert à rien. Le noir reviendra au même endroit, au même moment de l'hiver. J'ai refusé des chantiers pour cette raison — c'est plus honnête que de facturer deux fois le même travail. Le jour où l'air circule de nouveau, j'interviens, et là je m'engage sur ce que je livre.

Ce que presque personne n'explique

Pourquoi on ne peut pas simplement repeindre

C'est la question que tout le monde se pose en regardant son mur, et elle mérite une vraie réponse plutôt qu'un « ça ne tiendra pas ». Il y a deux mécanismes derrière, et ils se cumulent : le film qu'on pose, et le sel qui est déjà là.

Un film étanche déplace le problème, il ne le règle pas

La peinture dite anti-humidité est le produit le plus vendu du rayon, et son nom fait tout le travail commercial : on croit acheter un traitement, on achète un film. L'eau continue d'arriver dans le mur — la peinture n'a rien changé à la cause. Elle arrivait déjà avant, et elle s'évaporait à la surface : c'est même la raison pour laquelle la tache s'arrêtait à une hauteur donnée. Avec un film étanche par-dessus, elle arrive toujours, mais elle ne peut plus repartir.

Alors elle s'accumule derrière, la pression de vapeur monte et décolle le film — ce sont les cloques, en général au premier hiver. Et l'eau qui ne peut plus sortir à un endroit ne disparaît pas : elle sort ailleurs. Elle monte plus haut, elle contourne, elle ressort sur la face opposée du mur ou dans la pièce voisine. Le propriétaire est convaincu d'avoir un nouveau problème. Il a le même, déplacé.

Le sel, c'est ce qui reste quand l'eau est partie

Voici le point qui explique le plus grand nombre d'échecs : on peut couper l'arrivée d'eau et voir le mur refleurir quand même. Pendant des années, l'eau a traversé la maçonnerie et dissous les sels minéraux qu'elle trouvait — ceux du sol, ceux du mortier, parfois ceux d'anciens usages du bâtiment. Arrivée en surface, elle s'est évaporée. Elle est partie. Les sels sont restés. Et ils ont deux propriétés qui expliquent tout.

Propriété 01

Ils sont hygroscopiques

Ils captent l'humidité de l'air ambiant et se remettent en solution tout seuls, sans qu'une goutte n'arrive du sol. Un mur peut donc être « sec » au sens où plus rien n'y monte, et rester humide en surface parce que le dépôt qu'il porte pompe l'air de la pièce.

Propriété 02

Ils cristallisent

En redevenant solides, ils prennent du volume. Quand ça se produit sous l'enduit au lieu de l'air libre, la pression décolle : c'est ce qui pulvérise un enduit en poudre et soulève une peinture par le bas. Et là ce n'est plus la peinture qui part, c'est l'enduit qui vient avec.

Gros plan d'une efflorescence de salpêtre : des cristaux blancs en aiguilles, en relief sur l'enduit
Ce n'est pas une tache, c'est du volume. Ces aiguilles se sont formées à l'air libre ; sous un enduit ou sous une peinture, la même cristallisation pousse — et décolle.

Le NF DTU 26.1 demande un support propre, exempt d'efflorescences et de salpêtre — au même titre que la poussière ou les produits de décoffrage — avant d'y appliquer un enduit.

NF DTU 26.1 — Travaux d'enduits de mortiers, exigences sur les supports

Autrement dit : enduire par-dessus un mur salpêtré est hors règles de l'art, pas seulement déconseillé. Ce n'est pas une opinion d'artisan, c'est écrit dans le document que les assurances regardent quand un ouvrage se dégrade. Un devis qui prévoit « ratissage et peinture » sur un mur qui poudre vous vend un travail qui ne peut pas tenir.

Il existe une famille d'enduits conçue exactement pour ça, et c'est le vrai contenu technique de mon travail sur ce type de mur : les enduits d'assainissement. Le principe est contre-intuitif — on ne cherche pas à empêcher l'eau de venir, on la laisse arriver dans un matériau très poreux où elle s'évapore avant d'atteindre la surface. Les sels cristallisent alors dans les pores de l'enduit, à l'abri, au lieu de le faire sous votre peinture. Trois caractéristiques font qu'un enduit mérite ce nom :

01

Une porosité très élevée

C'est elle qui offre le volume de stockage où les sels iront cristalliser.

02

Hydrofuge dans la masse

L'eau liquide ne traverse pas jusqu'à la finition. Ce n'est pas un film posé en surface.

03

Très perméable à la vapeur

Sans elle, rien ne peut sécher. Un enduit ordinaire, même épais, n'a aucune des trois.

Ces enduits font l'objet d'un référentiel européen dédié, la fiche WTA 2-9 dans son édition de mars 2020 — le mot à chercher sur un devis.

La règle que j'applique, et elle n'a pas d'exception : sur un mur qui prend l'eau, on ne pose jamais un produit moins perméable à la vapeur que ce qu'il y a dessous. Le mur doit pouvoir rendre ce qu'il reçoit. Si vous ne deviez retenir qu'une phrase de toute cette page, prenez celle-là.

Je ne reproduis pas ici les seuils chiffrés de la fiche WTA — c'est un document payant, et je ne l'ai pas sous les yeux. Je préfère vous dire ce que je n'ai pas vérifié plutôt que de recopier un chiffre trouvé ailleurs. Ce que vous pouvez faire, vous, est plus utile : demandez la fiche technique du produit prévu sur votre devis, et regardez si la conformité WTA y figure.

La quatrième eau

Le dégât des eaux, c’est l’inverse des trois autres

Les trois eaux d’au-dessus ont un point commun : elles reviennent. Un dégât des eaux fait exactement le contraire. C’est arrivé une fois, brutalement — une canalisation, un joint, un débordement, le logement du dessus — et quand vous m’appelez, l’eau n’est déjà plus là. Le plombier est passé. Ce qui reste n’est plus un problème d’eau : c’est un problème de mur.

Ça change tout, parce que la question « d’où vient l’eau ? » est déjà réglée. Il n’en reste qu’une : à partir de quand le mur est assez sec pour être repris. Et celle-là a une réponse qui se mesure, pas qui s’estime.

C’est là que se joue la différence entre un chantier fait une fois et un chantier fait deux fois. Un mur trempé dans son épaisseur paraît sec en surface bien avant de l’être. On repeint, ça tient quelques semaines, puis la peinture cloque ou l’auréole revient au travers. La reprise coûte alors plus cher que l’attente n’aurait coûté.

Ce qui sèche, et qu’on garde

  • Un mur maçonnéPierre, brique, parpaing : le matériau a une porosité, l’eau finit par la quitter. À condition qu’on l’aide — ventiler, chauffer doucement, ne rien refermer dessus.
  • Un plâtre sur maçonnerieTant qu’il tient au support et qu’il ne sonne pas creux, il sèche avec le mur qui le porte.
  • Une cloison en carreaux de plâtreElle est massive : elle prend l’eau lentement et la rend lentement, mais elle la rend.

Ce qui ne sèche pas, et se remplace

  • Une plaque de plâtre gonfléeUne fois que le cœur a gonflé, il ne retrouve pas sa cohésion en séchant. La plaque reste molle, et une vis n’y tient plus. Attendre ne sert à rien : elle se dépose.
  • Une laine minérale derrière un doublageElle retient l’eau, et aucun séchage de surface ne l’atteint. C’est le piège classique : le parement paraît sec, l’isolant est gorgé derrière.
  • Tout ce qui s’est décolléEnduit qui sonne creux, papier peint décollé, peinture cloquée : l’adhérence perdue ne revient pas.

Sur ce type de chantier, mon métier commence après le plombier et s’arrête au mur : l’assèchement, la reprise des supports, et la finition. Le dépannage de la fuite elle-même n’est pas mon métier, et je ne m’en occupe pas — c’est la même logique que la liste plus haut.

Ce que vous y gagnez : une décision prise sur une mesure et non sur une impression. Je viens voir, je vous dis ce qui est récupérable, ce qui ne l’est pas, et à partir de quand on peut travailler. Le diagnostic est gratuit, ici comme pour les trois autres eaux.

Ce qui reste à dire

Trois questions qui n ont de place nulle part ailleurs

Tout le reste est repondu dans les sections ci-dessus, et une FAQ qui redit une section ne sert a rien. Restent ces trois-la, que personne ne pose au bon moment et auxquelles aucune autre partie de la page ne repond.

Trois explications, et elles sont très différentes. Soit le diagnostic était faux au départ — un traitement contre les remontées ne fait rien contre une condensation. Soit il était juste, mais les sels accumulés n'ont pas été retirés : ils captent l'humidité de l'air tout seuls, et la surface refleurit alors que plus rien ne monte du sol. Soit la cause a bien été coupée à un endroit et l'eau ressort ailleurs.

C'est une des situations où le constat écrit du précédent chantier est précieux : il permet de savoir ce qui a réellement été fait, et donc de ne pas refaire la même erreur.

C'est un sujet reconnu et documenté par les autorités sanitaires françaises, et ce n'est pas à moi d'en parler au-delà de ce que je constate sur les murs. Si des symptômes respiratoires vous inquiètent chez vous ou chez un enfant, la question se pose à un médecin, pas à un artisan.

Ce que je peux dire de mon côté : traiter la surface sans traiter la cause ne règle rien durablement, et un logement où l'air ne circule pas reproduira le même phénomène chaque hiver.

La question est bonne et l'ordre compte énormément. Ces murs n'ont jamais eu de coupure de capillarité : ils tiennent parce qu'ils rendent l'eau aussi vite qu'ils la prennent. Poser un doublage contre un mur qui séchait par l'intérieur ferme cette voie et déplace le problème — c'est l'une des causes de désordre les plus fréquentes que je rencontre dans le bâti ancien.

Donc : on règle l'eau d'abord, on isole ensuite, et avec des matériaux compatibles. Le sujet est traité en détail du côté de l'isolant sur la page isolation, et du côté du support sur la page rénovation de maison ancienne.

Le vocabulaire

Les mots que vous verrez sur un devis d'humidité

Quatorze termes, définis en une ou deux phrases. Ce sont ceux qui reviennent le plus souvent, et ceux dont l'absence sur un devis est déjà une information.

Capillarité
Le phénomène physique qui fait monter un liquide dans un matériau poreux, contre la gravité, comme le café dans un sucre. C'est ce qui permet à l'eau du sol de remonter dans un mur.
Remontée capillaire
L'humidité qui monte du sol dans la maçonnerie. Elle se reconnaît à une limite haute régulière sur toute la longueur du mur, indépendante de la pluie et de la saison.
Infiltration
L'eau qui entre par un défaut de l'enveloppe — couverture, solin, gouttière, joint, menuiserie. Elle suit le chemin de la gravité et ne répond à aucune logique de hauteur.
Condensation
La vapeur d'eau de l'air qui redevient liquide au contact d'une surface froide. C'est de l'eau produite à l'intérieur du logement, pas de l'eau qui vient du mur.
Point de rosée
La température à laquelle l'air ne peut plus garder la vapeur qu'il transporte et la relâche sous forme liquide. Quand une paroi est plus froide que ce point, elle se couvre d'eau.
Hygrométrie · humidité relative
La quantité de vapeur d'eau contenue dans l'air, exprimée en pourcentage de ce qu'il pourrait contenir à cette température. La plage recommandée dans un logement est de 40 à 60 %.
Efflorescence
Le dépôt blanc que laisse l'eau en s'évaporant à la surface d'un mur : ce sont les sels minéraux qu'elle transportait, restés sur place.
Salpêtre
Le nom courant donné à ces efflorescences. Il prouve qu'il y a eu de l'eau en mouvement dans la maçonnerie — pas d'où elle venait, ni si elle circule encore.
Hygroscopique
Se dit d'un matériau ou d'un sel qui capte l'humidité de l'air ambiant. C'est cette propriété qui fait qu'un mur salpêtré peut rester humide en surface alors que plus rien ne monte du sol.
Décroûtage
La dépose des enduits et plâtres dégradés jusqu'à retrouver un support sain. Poste ingrat, souvent raboté sur les devis, et pourtant déterminant : on ne recouvre pas un mur chargé en sels.
Enduit d'assainissement
Un enduit très poreux qui laisse l'eau s'évaporer dans son épaisseur et stocke les sels dans ses pores, au lieu de les renvoyer sous la finition. Une fiche européenne dédiée, la WTA 2-9, en définit les exigences.
Hydrofuge de masse
Un produit incorporé dans la masse d'un mortier pour empêcher l'eau liquide de le traverser, sans le rendre étanche à la vapeur. À ne pas confondre avec un film étanche appliqué en surface.
Perméabilité à la vapeur
La capacité d'un matériau à laisser passer la vapeur d'eau. C'est la caractéristique la plus importante sur un mur qui doit sécher — et celle à chercher sur la fiche technique d'un produit.
Coupure de capillarité
Une barrière horizontale dans la maçonnerie qui empêche l'eau du sol de monter plus haut. Les constructions anciennes n'en ont pas ; une injection de résine vise à en recréer une.

Artisan plâtrier peintre en Saône-et-Loire, Jura & Ain

Depuis la Bresse bourguignonne, j'interviens sur les trois départements. Chaque secteur ci-dessous a sa page dédiée : le bâti local, ses contraintes propres et les chantiers réalisés à proximité. Le déplacement n'est pas facturé dans la zone habituelle.

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